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The end of lawyer : Richard Susskind

This widely acclaimed legal bestseller has provoked a tidal wave of debate within the legal profession, being hailed as an inspiration by some and as heresy by others. Susskind lays down a challenge to all lawyers, and indeed all those in a professional service environment. He urges them to ask themselves, with their hands on their hearts, what elements of their current workload could be undertaken differently - more quickly, cheaply, efficiently, or to a higher
quality - using alternative methods of working. The challenge for legal readers is to identify their distinctive skills and talents, the capabilities that they possess that cannot, crudely, be replaced by advanced systems or by less costly workers supported by technology or standard processes, or by lay
people armed with online self-help tools.

In the extended new preface to this revised paperback edition, Richard Susskind updates his views on legal process outsourcing, courtroom technology, access to justice, e-learning for lawyers, and the impact of the recession on the practice of law. He analyses the four main pressures that lawyers now face (to charge less, to work differently, to embrace technology, and to deregulate), and reveals common fallacies associated with each. And, in an entirely new line of thinking, Susskind argues
that law firms and in-house departments will have four business models from which to choose in the future, and he provides some new tools and techniques to help lawyers plan for their future.

Susskind argues that the market is increasingly unlikely to tolerate expensive lawyers for tasks (guiding, advising, drafting, researching, problem-solving, and more) that can equally or better be discharged, directly or indirectly, by smart systems and processes. It follows, the book claims, that the jobs of many traditional lawyers will be substantially eroded and often eliminated. Two forces propel the legal profession towards this scenario: a market pull towards commoditisation and a
pervasive development and uptake of information technology. At the same time, the book foresees new law jobs emerging which may be highly rewarding, even if very different from those of today.

The End of Lawyers represents a compelling vision of the future of the legal profession and a must-read for all lawyers. Indeed this book should be read by all those whose work touches on the law, and it offers much food for thought for anyone working in a professional environment.

(2008)

Après avoir publié en 1996 son ouvrage "The future of the law" dans lequel Richard Susskind prédisait notamment que les avocats communiqueraient par mail avec leurs clients, cet avocat intrépide et visionnaire récidive avec un titre encore plus incisif "The end of lawyers ?" (Oxford University Press, 2008).

A quoi ressemblera un avocat en 2030 ? Vous pensez probablement qu’il sera très proche d’un avocat actuel, avec plus de moyens technologiques.

Aquoi ressemblera un avocat en 2030 ? Vous pensez probablement qu’il sera très proche d’un avocat actuel, avec plus de moyens technologiques. Il est vrai que les NTIC sont avant tout des moyens ; mais à force de se répandre, elles peuvent modifier notre façon de penser et de travailler. D’ailleurs, il n’y a pas que l’informatique qui s’est introduit dans le monde traditionnel du droit, mais aussi l’économie de marché.

N’est-il pas surprenant de voir que dans certains pays, il est possible d’investir aujourd’hui dans le capital d’un cabinet d’avocat ? Que de plus en plus, certaines structures n’hésitent pas à délocaliser une partie de leur activité en Inde. Le monde du droit change ! Et il évolue vite ! Car c’était tout juste dans les années 90 que les entreprises commençaient à rationaliser leurs coûts d’avocats et à devenir plus exigeantes en organisant des panels. Cette exigence a d’ailleurs donné naissance à la presse juridique pour offrir des informations plus transparentes sur les spécialités et la performance des cabinets d’avocats.

Autre question inattendue que soulève Richard Susskind, les avocats sont-ils censés ne faire que du droit ? Les avocats reconnaissent parfois eux-mêmes que leur champ de compétence dépasse largement l’étendue de leurs connaissances en droit :

  • les avocats contentieux s’avouent être des véritables chefs de projets.
  • les avocats d’affaires reconnaissent qu’ils sont de fins négociateurs.
  • les avocats spécialisés dans le divorce estiment davantage jouer le rôle de psychologue et de confident que celui d’avocat…

Le fait qu’aujourd’hui un avocat se doit d’être pluridisciplinaire est une évidence. Cette tendance risque juste de s’accentuer dans les prochaines années, à se demander d’ailleurs si les universités spécialisées stricto sensu en droit pourront survivre.

Au-delà d’un intérêt sociologique certain, ce livre permet d’entrevoir les prémices d’un nouveau marketing pour les cabinets d’avocat.

Cette vision du futur revient à remettre en cause les traditionnels 3 P du marketing appliqué au droit (Place, Product et Price) :

  • Place, où puis-je consulter un avocat ?
  • Product & Price, de quels nouveaux services puis-je bénéficier pour gagner du temps et payer moins cher ?

Richard Susskind livre d’ailleurs une métaphore intéressante de ce nouveau marketing : que vendent les industries spécialisées dans la fabrication de perceuses ? Des perceuses ou des trous ? Les clients veulent avant tout un moyen de percer des trous, et non forcément une machine ayant l’air d’une perceuse...

Tout comme dans l’industrie, l’avocat doit aussi s’interroger sur ce qu’il vend dans ses heures de travail : une analyse juridique, une prestation orale, une information réglementaire, une gestion de projet, de l’image rassurante, une oreille attentive, de la pédagogie…Là se trouve la clé d’un nouveau business model.

The place : les bureaux feutrés resteront-ils dans l’avenir le seul endroit pour consulter des avocats ?

Il faut savoir qu’en réalité quatre personnes sur cinq stressent au moment de choisir un avocat.

D’ailleurs, 60% des clients souhaiteraient pouvoir consulter des avocats dans leur vie quotidienne, dans leurs agences bancaires ou dans les grandes surfaces. Le métier d’avocat gagnerait à être démystifié pour s’apparenter à une véritable entreprise de services classique. La technologie actuelle rend possible des consultations virtuelles et des télé-conférences à distance. Ainsi, elle peut rendre l’avocat plus accessible. De nombreux sites et annuaires permettent de comparer les prestations et les spécialités des avocats, afin de choisir l’avocat idéal pour le dossier à traiter.

Il est clair que les nouvelles technologies réduisent les distances et permettent des services juridiques mieux ciblés, plus rapides et faciles d’accès.

Products : fini le travail de routine avec les logiciels !

Susskind part du principe que grâce à la technologie, les recherches sont simplifiées, l’information est rapide et que le client n’est pas obligé de passer par l’intermédiaire de son avocat pour l’obtention d’une simple information légale. Les juristes d’entreprise pourraient même à terme organiser des sortes de "facebook" juridiques pour échanger des trouvailles réglementaires ou jurisprudentielles.

Il est vrai que toutes ces technologies facilitent le knowlegde management, mais ne peut remplacer en aucun cas la caution d’un avocat. L’avocat est aussi celui qui tranche, qui rassure, qui appose sa signature sur l’interprétation d’un texte. Et bonne nouvelle, les logiciels peuvent d’ailleurs faciliter le travail des avocats, en les allégeant de tâches répétitives et fastidieuses.

En témoignent les nombreuses initiatives de plusieurs cabinets en matière de logiciels :

  • Nextlaw de Clifford Chance, un site internet d’aide à la décision sur la protection des données nominatives, qui s’adresse explicitement aux multinationales. Ce site propose l’analyse de trente-six lois nationales afin de permettre aux concepteurs de fichiers à dimension internationale de connaître rapidement les exigences minimales des législations concernées.
  • Cross Border Acquisition Guide (CBAG) du même cabinet qui est un outil aidant à la structuration des opérations de fusions et acquisitions transfrontalières.
  • Blue Flag de Linklaters créé en 1996. Il s’agit d’un conseil en ligne concernant les obligations internationales et les réglementations bancaires. Ce service s’est ensuite enrichi d’un logiciel permettant aux clients de générer automatiquement les documents concernant les transactions sur les dérivatives.

Les initiatives en matière de services en ligne sont pléthore. Les avocats ne manquent pas de créativité. Seule interrogation : est-ce que cette nouvelle activité ne vient-elle pas concurrencer les éditeurs de logiciels juridiques, voire même les éditeurs juridiques traditionnels, qui s’orientent vers des produits de services ? Il est évident que le métier d’avocat évolue et que l’on assistera peut-être dans le futur à la convergence des métiers de l’information et de prestations juridiques dans des structures communes.

Qui dit logiciels et partage de l’information, dit aussi nouveau management !

Les avocats habitués à travailler de façon trop individuelle finiront pas perdre en efficacité. Le partage de l’information permet de gagner en performance et de proposer des coûts plus compétitifs. C’est ce que Richard Susskind appelle le "leveraging people".

Avec un terme comme "leverage", le futur paraît finalement bien engageant ! L’auteur n’annonce pas la fin des avocats, mais la fin de certaines caricatures… Ce qui ne peut qu’améliorer l’image de la profession !

Marjorie RAFECAS pour le Village de la justice.


En savoir plus sur http://www.village-justice.com/articles/evolutions-metier-avocat,5146.html#KViKFf77Aj1EHfkF.99

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